Air Celebration, La libération a toujours été là.

Croire ou vivre - Mener enquete - 10:17 (21/02/2014)



    
 
 



Question : Cette question concerne l’enquête (ndr : voir sur ce site la rubrique « Méditation et enquête » – Session 01). Raisonner avec le mental et dire que je ne suis pas ce corps a été trop facile parce qu’en fait j’avais l’impression que de façon innée ce corps a toujours été un véhicule pour faire des expériences sur ce monde : N’est-ce pas un leurre du mental ? Si oui, comment procéder à une contre enquête...

Air : Tu penses de manière innée que tu n’es pas ce corps ?

Q : Oui, je l’ai toujours pris pour un véhicule...

Air : Mais qui l’a pris pour un véhicule ?

Q : Je ne sais pas... quand je me suis incarnée, ça a toujours été un ressenti, comme ça.

Air : Oui, mais à un moment donné posez-vous toujours la question : « Qui ?» et trouvez-le. Parce que si je ne suis pas ce corps... première indication : nous avons vu ensemble que s’il n’y avait pas la pensée : « je suis ce corps » le flux de pensées s’arrête ou se ralentit (ndr : fait référence à la méditation enquête n°1 « Le corps » que vous trouverez sur ce site, à la rubrique « Méditation et enquête » - Session n°1). Donc si votre mental est présent de manière importante alors vous savez que le fait que : « ce corps est un véhicule » et : « je ne suis pas ce corps » est une croyance mais pas un vécu. Parce que si c’était un vécu, alors, le flux de pensées ralentirait au moins de manière conséquente. Cela veut donc dire que votre mental croit à la fois que vous n’êtes pas ce corps et que ce corps est un véhicule mais que, dans le même temps, il vous fait vivre : « je suis ce corps. » C’est toute la différence entre les croyances qui n’ont aucun poids (si ce n’est alimenter le mental) et ce qui est vécu.

Savoir que l’on n’est pas ce corps n’est pas vivre que l’on n’est pas ce corps. Et là, si au sein de l’enquête on a suffisamment été clair sur le fait que nous n’étions pas ce corps, on peut alors s’appuyer dessus chaque fois que le mental agit comme si nous étions ce corps. Par exemple, si on se dit : « ah ! j’ai un mental puissant » ou « ah ! j’ai faim. » Comment « ce que je suis » peut-il avoir faim si je ne suis pas ce corps ? Je peux vivre avec la conscience en ce corps que : « il y a une sensation appelée, faim », encore faut-il la décrire, essayer de voir ce que cela signifie mais je peux vivre : « il semblerait que la sensation physique vécue dans ce corps signifie que ce corps a faim ». Après on pourrait aussi découvrir que la notion : « j’ai faim, je suis fatigué » n’est, simplement, qu’une habitude. Il ne suffit pas d’utiliser les mots (certaines personnes sont très très fortes pour ne pas utiliser les mots) et dire : « ce corps est fatigué. » Dire : « ce corps est fatigué » ne veut pas dire que je vis le fait que je ne suis pas ce corps.  J’ai compris le concepts de : « je ne suis pas ce corps » et je l’applique avec le mental en utilisant des phrases qui vont bien montrer que j’ai compris que je n’étais pas ce corps. Mais celui qui vit qu’il n’est pas ce corps n’en a rien à faire d’utiliser ce « je » ou pas puisque le « je » n’a plus de consistance.

Un exemple : quand il parlait de lui, Krishnamurti utilisait le terme : « l’orateur. » Il disait : « n’écoutez pas ce que l’orateur vous dit.» Mais c’était simplement pour créer un électrochoc pour les personnes qui étaient en face. Pour lui, dire n’écoutez pas ce que je vous dis ou n’écoutez pas ce que l’orateur vous dit ne changeait rien car il savait très bien que le « je » et « l’orateur » sont la même chose : un concept qu’il n’est pas. Il n’est pas plus l’orateur que le je. Et avec la pratique de l’enquête et de la réfutation on peut, à un moment donné, avoir tendance à entrer dans des pirouettes du mental qui nous font croire qu’on est installé dedans, simplement parce qu’il n’utilise pas le mot : « je. » Parler de vous à la 3ème personne ne fait pas de vous un libéré vivant.

Il faut donc faire très attention à la manière dont le mental récupère l’enquête parce qu’une fois qu’il a vécu le fait de : « je ne suis pas ce corps » vous devez l’obliger à la cohérence. L’enquête est le point de départ. Ce n’est pas l’enquête qui libère, c’est le fait qu’elle vous amène à vivre en sachant ce qui n’est pas la vérité et vous savez que : « je suis ce corps » n’est pas la vérité parce que vous l’avez constaté par vous-même. Vous l’avez reconnu. Ce qui veut dire qu’à chaque fois que se manifeste une manière de se coller au niveau de la personne et de se placer dans : « je suis ce corps, » quelle que soit la manière, il s’agit juste de ne pas dire : « zut ! je me suis encore fait coller » ou « ah ! je n’y arriverai jamais » parce que tout cela est la mise en scène du mental pour éviter la seule vraie position qui est : « Ok, je suis encore collé, cher mental, pourrions-nous faire preuve d’un peu de cohérence ? Si tu sais que je ne suis pas ce corps : et tu le sais, si tu es sûr d’être cohérent : ce que nous n’avons pas encore démontré, si tu es sûr d’être cohérent alors pourquoi cette incohérence de savoir que je ne suis pas ce corps tout en me faisant vivre que je suis ce corps ? » (ndr : au moment où la question est posée, la partie de l’enquête qui interroge le mental sur sa cohérence n’a pas encore été abordée. Voir la rubrique Méditation et enquête sur ce site, Session n° 1, enquête n° 4 : le mental.

 Ce qui est demandé au mental c’est de faire preuve de cohérence. Alors bien évidemment, malgré le fait qu’il fasse l’enquête, il peut encore après vous ramener dans l’incohérence puisque vous êtes dans l’incohérence depuis toujours. Le fait que vous ne soyez pas ce corps ne date pas d’aujourd’hui, donc vous y êtes depuis toujours. L’incohérence est une habitude et toutes les habitudes qui vont avec (se croire de telle ou telle nationalité) mais si je ne suis pas ce corps comment puis-je être français ? Si je ne suis pas ce corps, suis-je le père de mes enfants physiques, dans ce monde ? Je peux avoir des enfants, reconnaître que ce corps de chair a une paternité vis-à-vis des corps de chair des enfants, mais c’est tout. Est-ce que cela empêche de vivre des relations d’amour avec ses enfants ? bien sûr que non ! L’amour ne vient pas du fait que je suis ce corps aimant un autre corps. Cela n’enlève donc rien à l’amour, au contraire, cela le déploie parce qu’à ce moment là, ce qui est reconnu, c’est la vérité. Donc je n’aime pas un mythe qui serait lié à cet enfant qui est le mien, je vis la rencontre, en vérité, de deux manifestations de l’Un.




Proposé par Air
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