Air Celebration, La libération a toujours été là.

La simplicité - 22:52 (21/02/2014)



    
 

Question : Cette question concerne la conscience. Pour quelqu’un qui n’a jamais vécu le décollement de conscience, ce que je pense ne pas avoir vécu parce que j’ai eu des contacts avec un arbre, des fleurs, un animal mais si je suis honnête ce sont plutôt des ressentis et des émotions. Je n’ai jamais eu la sensation que ma conscience se collait à l’arbre et que d’un seul coup mes bras se transformaient en branches etc...


Air : Qui a dit ça ?

Q : Mais  je n’ai jamais ressenti être au cœur de l’arbre. J’ai ressenti des choses mais je mets cela sur le compte des émotions humaines...

Air : Mais qui met ça sur le compte des émotions ?

Q : Le « je » qui vit en soi.

Air : Les pensées et le mental. Il n’y a que ça qui peut le dire. Le corps n’est pas responsable de remettre ça dans une analyse.

Q : Oui, mais c’est le corps qui ressent.

Air : Le corps ressent mais il ne met pas dans des cases mémoire. Il ressent, il vit un échange avec l’arbre. Cet échange va être évalué par le mental. Est-ce que le mental vit l’échange avec l’arbre ? Non, il ne le vit pas. Le mental l’évalue en fonction de ce qui est perçu au niveau du corps et de ce qu’il connaît déjà parce qu’il ne sait qu’évaluer par rapport à ce qu’il connaît déjà. Comment voulez-vous reconnaître une fusion si, à un moment donné, le mental vient analyser ce qu’il se passe ? Si le mental n’a jamais vécu de fusion (et c’est forcément le cas) il ne pourra jamais reconnaître la fusion. Le mental ne pourra jamais rien reconnaître qui dépasse sa capacité d’analyse. Il viendra le mettre dans une case de ce qu’il connaît, soit parce qu’il l’a vécu, soit parce qu’il en a entendu parler. Par exemple : vous avez entendu parler du fait d’être en communion avec un arbre, vous vivez un échange avec l’arbre et vous appelez cela communion parce que vous avez entendu que l’on pouvait communier avec un arbre et vous avez vécu quelque chose avec l’arbre. Ou alors vous vous dites : j’ai juste senti une vague d’amour ou telle ou telle émotion. Mais que pourra ressentir votre corps par rapport à  ce qui n’est pas lié au corps ?

La conscience n’est pas liée au corps donc vous ne pourrez pas reconnaître la manifestation de la conscience par votre ressenti au niveau du corps. Vous pourrez reconnaître que ce que vous venez de vivre avec l’arbre, ce que vous venez de vivre avec une fleur, ce que vous avez vécu dans une méditation vous a placé dans un espace ou dans un vécu intérieur et, dès que vous allez le qualifier vous tuez ce vécu intérieur. Dès que vous y mettez des mots : c’est fini, ça n’existe plus. Les mots et l’analyse que vous allez mettre dessus détruisent systématiquement tout ce qui est vivant parce que, qu’est-ce qu’un mot ? Cela vient analyser ce qui est vécu pour le placer par rapport à ce que l’on a intégré au sein de la mémoire. On a vu qu’on ne pouvait pas faire confiance à la mémoire et qu’en plus c’était juste des éléments du passé, que cela ne permettait pas de reconnaître la vérité, cela permet seulement de mettre en lien avec des choses du passé qui ont été lues, vécues, entendues mais peu importe, cela nous sort de ce qui est vécu (ndr : Tout cela fait référence aux 6 enquêtes que vous trouverez sur ce site, à la rubrique « Méditation et enquête, » Session n° 1). Peut-être n’as-tu jamais vécu un déplacement de la conscience, peut-être en as-tu vécu et l’as-tu mis dans une case différente. De toutes façons, tu vis des déplacements de la conscience, ne serait-ce que dans tes rêves.

Q : Je ne rêve pas

Air : Tu n’as jamais rêvé de ta vie ?

Q : Si, mais je ne m’en souviens pas.

Air : Peu importe, la question n’est pas... Tu vois encore une fois le mental qui vient détruire ce qui est vécu. La question n’est pas : « Est-ce que tu t’en souviens ? » S’en souvenir c’est mettre dans une case mémoire. As-tu déjà rêvé une fois dans ta vie ?

Q : Une fois ou deux, oui.

Air : Voilà ! à ce moment que s’est-il passé ? Tu étais bien projetée dans un autre monde...

Q : Dans un oiseau


Air : Dans un autre corps, même ! Un oiseau. Il y avait bien un décors, tu étais bien placée quelque part : dans l’oiseau. Où était ta conscience à ce moment là ? Dans l’oiseau et dans tout, dans toute la création puisque c’est ta conscience qui a tout créé et elle s’est placée dans l’oiseau pour admirer sa création.

Q : Belle vue.

Air : Donc, tu fais des déplacements de conscience. La conscience se colle, soit ! mais elle aime l’expérience, elle aime la voir se déployer, donc la conscience peut se recoller ailleurs de la même manière qu’elle peut se coller (par exemple) dans le rôle de mère ou d’informaticien. À un moment donné, il suffit de voir comment les gens se présentent de manière naturelle (pas en faisant attention à dire quelque chose qui va bien, en fonction de l’endroit où l’on est) mais comment traditionnellement les gens se présentent : « je m’appelle Trucmuche, » ... (jusqu’à un certain âge on donne l’âge, après on ne le  donne plus mais ce n’est pas parce que l’on n’est plus identifié à l’âge : on l’est mais on ne veut pas trop que ça se voit) et souvent, derrière, on colle sa profession. Donc ce que je suis est lié au métier que j’exerce. En tous cas ma conscience est collée dessus. Bien sûr je ne suis pas mon métier mais c’est quand même la première chose qui est dite.

La conscience, même au sein de la personnalité, peut se coller à différents endroits : si vous avez mal quelque part, que fait la conscience ? Elle y va à fond la caisse : « génial une expérience ! » et vous vous dites : « Aï, j’ai mal ! » mais la conscience, elle, se dit génial une expérience, hop ! Si la conscience ne va pas se placer là où se trouve la douleur vous ne vivez pas la souffrance puisqu’il n’y a pas de témoin de la souffrance, de la douleur. La sensation dans le corps est là mais s’il n’y a personne pour l’observer, il n’y a personne pour l’observer...

Q : Donc on ne ressent pas la souffrance, on ne ressent pas la douleur ?


Air : Non. Je ne sais pas si je l’ai partagé avec vous mais, dans la période où il y a eu reconnaissance de la conscience (en ce qui me concerne de cette histoire), au niveau du corps physique, j’ai été arrêté un certain temps parce que j’avais des douleurs intenses dans le corps, comme si on me broyait les os ? Je n’étais donc pas capable d’aller au travail : j’étais physiquement incapable de porter mon fils de deux ans. Pour autant, est-ce que j’étais mal ? Absolument pas. Cela a même été une période qui (sous certains aspects) était fabuleuse parce que je vivais en permanence le fait que ma conscience n’était pas collée dans ce corps et c’était vraiment le « kif. » C’était chouette de venir dans le corps de temps en temps et de faire : « Aï aï aï ! » puis de repartir, vite fait. Ce vécu n’était absolument pas du tout éprouvant. Après, si la conscience venait se coller dans ce corps, effectivement, là, ça faisait : « Aï aï aï ! » Je devais aller chez le médecin régulièrement pour avoir des prolongations d’arrêt maladie. En fait, à ce moment là j’étais obligé de faire l’état des lieux des endroits où j’avais mal parce que le médecin me demandait où j’en étais. Là je redescendais dans le corps pour décrire les symptômes : « j’ai super mal là, ça me broie là et partout dans le corps. » La dernière fois, j’ai pleuré devant le médecin tellement j’avais mal et puis je lui ai dit : « Non, mais ne vous inquiétez pas, dans deux minutes je ressors du corps et c’est réglé ! » Effectivement, c’est ce que j’ai fait. J’ai ressorti la conscience du corps et c’était fini.

Pour conclure l’anecdote : À la fin de ce rendez-vous (qui était le dernier chez ce médecin parce qu’après, les douleurs ont disparu) le médecin qui, depuis le départ, notait « fibromyalgie » (puisqu’il ne savait pas d’où ça venait malgré des tas d’examens faits à l’hôpital où l’on ne trouvait rien, tout était normal, tout allait bien !) donc, au dernier rendez-vous il a noté : « burn-out. » Je lui dis : « mais ça veut dire quoi burn-out ? » Et il me répond : « c’est quand il n’y a  plus personne à l’intérieur » Là je me suis dit : « Waou ! » C’est quand même énorme. On parle de la même chose : D’un point de vue médical ça s’appelle burn-out et d’un point de vue spirituel ça s’appelle Libération, mais c’est pareil.

Tout ça pour dire que la conscience change tout le temps de place mais simplement, ces positions sont tellement habituelles, même si on n’est pas tellement habitués à la voir, à la reconnaître. Dites-vous que la conscience est collée là où vous avez mal. Si vous avez mal dans le corps : la conscience est collée dans le corps. Si vos pensées vous entraînent sur des peurs, vous êtes collés sur vos pensées. Si vos pensées vous entraînent sur des colères : vous êtes collés sur vos pensées. Et après, sur l’émotionnel mais avant tout, sur vos pensées. Ne cherchez pas le : « comment arrêter le fait que la conscience soit collée ou comment arrêter les douleurs ». Regardez simplement : « je suis collé au niveau du corps ». Et même si vous ne voyez pas, vous en voyez un symptôme et ça, c’est génial parce que, quand la conscience se décolle (au départ) que vous reconnaissez la conscience mais, je dirai, qu’elle peut se recoller à nouveau même si à ce moment là elle n’a plus la même force. Elle peut se recoller à nouveau.

En tous cas, il y a une sorte de conscience qui se décolle et « hop » elle se recolle. Mais à ce moment là, comme vous avez vécu avec la conscience décollée, vous avez vécu en légèreté. Toute l’énergie, toute la force utilisée pour maintenir l’illusion d’un « je » disparaît. Toute cette énergie vient à l’intérieur mais on ne le reconnaît même pas tellement c’est normal. Au moment où la conscience se décolle, le premier truc c’est : « ouf ! » et puis quand elle vient se recoller vous le reconnaissez tout de suite car avant cela, il était tolérable de vivre la conscience collée mais une fois que vous avez vécu le décollement, laisser la conscience se recoller devient intolérable. C'est-à-dire que les souffrances, la fatigue et la complexité que tout cela génère est intolérable. À ce moment là, effectivement, vous pouvez vous dire : « ah c’est intolérable... c’est reparti... » Vous collez ! Mais vous pouvez simplement vous dire : « Ok, la conscience s’est recollée » Et oui, là c’est clair, tous les gyrophares, les warnings clignotent de partout, l’alarme ! Ok, tout est collé et du coup, vous pouvez peut-être essayer de vous décoller et puis vous vous rappelez très vite que non, on ne peut pas se décoller on peut juste se laisser prendre. Vous pouvez amener à de la cohérence, à constater tout ça mais le décollement c’est le fait de se laisser prendre.

Cela m’amène à partager un autre aspect de cela qui est que, tant qu’on n’a pas vécu la Libération, le décollement de la conscience, on se dit qu’il doit y avoir quelque chose de compliqué, il doit y avoir des efforts à faire... cela semble inaccessible, incompréhensible, c’est l’incompréhension totale : « Ça a l’air super mais qu’est-ce qu’il raconte. » Mais quand vous avez vécu la Libération, instantanément, vous vous dites : « mais il n’y avait tellement rien, comment ai-je pu croire à cette histoire aussi longtemps ? » Vous êtes en incompréhension totale mais inversée. C’est tellement simple que vous ne comprenez pas que cela puisse paraître compliqué. C'est-à-dire que l’incompréhension que vous avez face à la Libération, c’est la même incompréhension que celle qui apparaît vu de la Libération face à l’illusion. Et même si vous avez été sujet à l’illusion, comme le temps n’existe pas, vous ne savez même plus si vous avez été soumis à l’illusion.

La difficulté pour les personnes libérées qui témoignent c’est comment témoigner de cette simplicité, comment témoigner de cette évidence qui a toujours été là alors que chaque mot prononcé est transformé instantanément par le mental, en un truc compliqué. Alors on répète sans arrêt la même chose, avec des mots différents parce que qu’est-ce que vous voulez qu’on vous dise d’autre ? C’est super simple. Je suis resté sur mon canapé pendant un long moment, j’étais là : « c’est dingue ce truc, c’est tellement simple mais pourquoi personne ne m’a jamais dit que c’était si simple ? Pourquoi les Libérés ne nous ont-ils jamais dit que c’était simple ? » Et j’ai réalisé, après coup qu’ils n’arrêtaient pas de nous le dire mais, qu’en fait, dès qu’ils disaient le mot « simple » on se disait : « oh la la ! ça a l’air compliqué. »




Proposé par Air
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